vendredi 8 juin 2007
Michel de Certeau
« D’un côté, elle est ce qui « permane » ; de l’autre, ce qui s’invente. Il y a d’une part les lenteurs, les latences, les retards qui s’empilent dans l’épaisseur des mentalités, des évidences et des ritualisations sociales, vie opaque, têtue, enfouie dans les gestes quotidiens, à la fois les plus actuels et millénaires. D’autre part, les irruptions, les déviances, toutes ces marges d’une inventivité d’où des générations futures extrairont successivement leur « culture cultivée ». La culture est une nuit incertaine où dorment les révolutions d’hier, invisibles, repliées dans les pratiques – mais des lucioles, et quelquefois de grands oiseaux nocturnes, la traversent, surgissements et créations qui tracent la chance d’un autre jour. »
Michel de Certeau. La culture au pluriel, éd. 1993, 10/18 p. 211
Cette citation est tiré d'un texte de Pierre Macherey où est mis en évidence le contexte historique dans lequel s'insère la publication de l'Invention du quotidien dans les années soixante-dix.
Un très grand merci à Florizelle , en espérant pleins d'autres interventions comme celle-là de sa part ;-)) Merci merci!
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